L’Europe, 100 ans après la Grande Guerre

Vendredi 30 novembre 2018

A l’occasion du 11 novembre 2018 qui a marqué le Centenaire de la fin de la première guerre mondiale, des évènements commémoratifs ont été organisés dans de nombreux pays. Alors que se profilent Brexit et élections européennes, plusieurs chefs d’État européens ont marqué l’évènement par leurs propos ou simplement leur présence : un dirigeant allemand - le président Frank-Walter Steinmeier – a par exemple pour la première fois participé aux commémorations organisées à Londres[1].

 

Le 11 novembre marque l’armistice signée il y a désormais un siècle entre les Alliés et l’Allemagne dans la célèbre clairière de Rethondes, à Compiègne, en France. Nous fêtons la fin d’une guerre qui, par l’engrenage des alliances, a fini par déchirer l’Europe à une échelle jusqu’alors inégalée, une première guerre « totale » et « mondiale ». Mais alors que l’Armistice est célébrée en France, au Royaume-Uni ou encore en Belgique comme un évènement heureux, certaines autres nations n’en ont pas le même souvenir, l’Allemagne en tête. C’est parfois même au sein d’un même pays que les disparités existent, comme c’est notamment le cas en Belgique où la guerre a donné un coup d’accélérateur au nationalisme flamand[2] et en Italie dont la région autonome du Trentin faisait à l’époque partie de l'Empire austro-hongrois[3]. Considérant cela, nous pouvons nous demander s’il est véritablement opportun de profiter de cette occasion marquante pour appeler à un rassemblement européen. Certains en sont en tout cas convaincus ; dans son discours de commémoration devant plus de 70 chefs d’État et de gouvernement, le Président français, Emmanuel Macron, déclarait à propos des instances créées à la suite de cette longue période de conflit : « Cela s’appelle, sur notre continent, l’amitié forgée entre l’Allemagne et la France et cette volonté de bâtir un socle d’ambitions communes. Cela s’appelle l’Union européenne, une union librement consentie, jamais vue dans l’histoire, et nous délivrant de nos guerres civiles. »[4] Mais cette célébration s’inscrit-elle réellement dans un sentiment européen ? Le débat reste ouvert alors même que la Commission européenne préférait prendre la décision en 2014 de ne rien organiser pour commémorer le centenaire de la guerre afin de ne pas heurter les sensibilités nationales[5].

 

Malgré ces disparités entre États membres, il ne reste pas moins intéressant de considérer cette célébration dans le contexte européen de 2018. L’Union européenne s’est en effet bâtie sur un sentiment d’unité entre des nations qui s’étaient entretuées quelques années à peine auparavant. Mais qu’en est-il de ce sentiment européen aujourd’hui ? Le sujet qui fâche, bien entendu, est le Brexit. Pour la première fois depuis la création de la Communauté économique européenne en 1957, Communauté que le Royaume-Uni avait lui-même rejoint en 1973, un État membre s’apprête à sortir de l’Union européenne. Faut-il y voir un désaveu des principes fondateurs d’une union née d’une Europe ravagée par deux guerres successives, un retour vers des préoccupations purement nationales ? Au-delà du Brexit, l’euroscepticisme, ce sentiment d’opposition à l’intégration européenne, semble de plus en plus présent dans les divers discours politiques, bien que la dernière enquête de l’Eurobaromètre au printemps 2018 ait montré que la confiance dans l'Union et l'optimisme quant à l'avenir étaient également en hausse[6]. Ce centenaire a donc également été pour certains l’occasion de se prononcer, à l’approche des élections européennes de 2019, contre une montée du nationalisme à l’international comme au sein même de l’UE[7].

 

S’il est vrai que ce centenaire de l’Armistice est célébré de manière diverse au sein de l’Union, cette disparité ne fait que refléter les différentes histoires et caractères nationaux. Malgré cela, pour beaucoup, qu’ils soient politiques ou simples citoyens, l’évènement reste l’occasion d’appeler au rassemblement et au renforcement de notre identité européenne, appelant à la solidarité qui a permis aux anciens belligérants de se réunir et d’offrir à leurs citoyens une Europe en paix.



[1] https://fr.euronews.com/2018/11/11/centenaire-14-18-londres-et-ypres-se-souviennent

[2] https://www.lexpress.fr/actualite/societe/centenaire-de-1914-1918-tour-du-monde-des-memoires_1314669.html

[3] https://www.touteleurope.eu/actualite/premiere-guerre-mondiale-plus-de-memoires-differentes-que-de-pays-en-europe.html

[4] https://www.lemonde.fr/centenaire-14-18/article/2018/11/11/document-le-discours-d-emmanuel-macron_5382063_3448834.html

[5] https://www.euractiv.fr/section/all/news/la-commission-europeenne-se-refuse-a-commemorer-la-grande-guerre/

[6] europa.eu/rapid/press-release_IP-18-4148_fr.pdf

[7] http://www.leparisien.fr/politique/11-novembre-le-nationalisme-est-l-exact-contraire-du-patriotisme-rappelle-macron-11-11-2018-7939908.php

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