La Roumanie assume la présidence de l'UE dans le chaos du Brexit

Lundi 28 janvier 2019

Pour la première fois depuis son adhésion à l'Union européenne, la Roumanie assume la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (UE) de janvier à juin 2019. Le Brexit se profilant à l'horizon, le pays devrait faire face à l'une des périodes les plus difficiles de l'histoire de l'UE.

Les six prochains mois constitueront un test crucial pour la Roumanie et pour l’UE dans son ensemble, avec trois priorités principales à gérer, à savoir le Brexit, les prochaines élections européennes et la conclusion des négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel 2021-2027.

À la suite du rejet de l'accord de retrait par le Parlement britannique le 15 janvier dernier[1], le Brexit est clairement le problème le plus épineux auquel l'UE doit faire face. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a exprimé son regret devant le résultat du vote et a réitéré le soutien de l'UE à l'accord décrit comme "un compromis équitable et le meilleur accord possible"[2]. À cet égard, la présidence roumaine aura pour priorité de maintenir l'unité de l'UE à 27 et de poursuivre les travaux déjà en cours sur les plans de contingence pour faire face au risque d'un Brexit sans accord. En effet, le résultat du vote rend l'éventualité d'un Brexit "sans accord" plus réelle que jamais, surtout si l'UE exclut une prolongation de l'article 50. D'autre part, le résultat a donné un nouvel élan aux voix des deux côtés de la Manche qui demandent un deuxième référendum, y compris la Première ministre d’Ecosse Nicola Sturgeon[3].

« Nous suivons toutes les décisions du Parlement britannique et il est évident que le Brexit fera l’objet de toutes les attentions lors de la présidence roumaine du Conseil de l’UE. Nous allons tourner cette page de l'histoire de l'Union, mais nous devons également tirer les leçons de cette situation. [4]»

Viorica Dăncilă, Première ministre de la Roumanie

Certains députés, dont le président du groupe ADLE, Guy Verhofstadt, ont exclu toute possibilité de prolongation de l'article 50 au-delà des élections européennes qui se tiendront en mai[5]. Dans le cas d’une prolongation, le pays garderait le droit de participer aux élections puisqu’il serait encore membre de l’Union.

Les élections européennes sont le deuxième grand événement qui aura lieu sous la présidence roumaine et il est possible qu’elles bouleversent complètement le paysage politique actuel. Les partis eurosceptiques et populistes devant remporter un grand nombre de voix, la présence ou non de députés britanniques aura un impact conséquent sur la répartition finale des sièges. Selon une projection réalisée par VoteWatch Europe[6], les modérés et les forces pro-européennes pourraient perdre une partie de leurs sièges si le Royaume-Uni participait aux élections, alors que son départ pourrait ralentir la montée des partis nationalistes en Europe. Les partis eurosceptiques de plusieurs États membres tels que l'Italie et la Pologne s'emploient actuellement à créer des alliances afin de constituer leur propre groupe politique et ainsi accroître leur poids politique au cours du prochain mandat. Pour contrebalancer la croissance de l’euroscepticisme en Europe, la présidence roumaine s’est engagée à promouvoir une application unifiée et efficace du principe de transparence dans les institutions européennes afin de rétablir la confiance des citoyens. De plus, la présidence est également déterminée à agir pour assurer des élections démocratiques et libres, éviter toute ingérence extérieure et pour lutter contre la désinformation en ligne[7].

Enfin, au cours des six prochains mois, la présidence roumaine s'est engagée à finaliser les négociations portant sur le prochain cadre financier pluriannuel. Le futur budget couvrira la période 2021-2027 et jouera un rôle crucial en fournissant à l'Union les ressources nécessaires pour atteindre ses objectifs politiques et faire face aux défis à venir. Il est difficile d’estimer si la présidence sera en mesure de conclure les négociations car les États membres restent divisés quant à la possibilité de réduire les fonds alloués à la politique agricole commune (PAC) et les fonds de cohésion afin d'augmenter le budget consacré au prochain programme-cadre de recherche et d'innovation[8].

Pour guider son action en cette période de turbulences, la présidence a défini quatre priorités stratégiques:

1. L'Europe de la convergence: pour soutenir un développement juste et durable de toute l'UE en renforçant la compétitivité, l'esprit d'entreprise et la politique industrielle, tout en s'efforçant de combler les lacunes parmi les Etats membres et de soutenir le pilier social de l'UE.

2. Une Europe plus sûre: pour répondre aux défis croissants en matière de sécurité intérieure et extérieure en renforçant la coopération entre les États membres.

3. L’Europe en tant qu’acteur mondial: pour promouvoir le rôle de l’UE en tant qu’acteur global, et en particulier dans les pays voisins des Balkans et de l’Europe de l’Est.

4. Une Europe de valeurs communes: pour réaffirmer l'engagement de l'UE à lutter contre toute forme de racisme, d'intolérance, de xénophobie, de populisme et de discrimination, et pour garantir l'égalité des chances et de traitement de tous les citoyens.

Il est encore difficile d’estimer comment la situation du Brexit évoluera et quelles en seront les répercussions sur les élections européennes et sur le prochain budget de l'UE. À l'heure actuelle, le gouvernement britannique travaille sur un plan alternatif pour le Brexit qui sera voté par le Parlement le 29 janvier. La pression exercée sur le gouvernement britannique pour qu'il convoque un deuxième référendum afin de laisser à ses citoyens la décision finale relative au futur du pays s'accentue, de même que la possibilité d'un Brexit sans accord qui sera lourde de conséquences au Royaume Uni comme dans l’UE. 



[1] https://www.politico.eu/article/brexit-deal-rejected-by-432-votes-to-202-2/?utm_source=email&utm_medium=alert&utm_campaign=Brexit+deal+rejected+by+432+votes+to+202&utm_source=POLITICO.EU&utm_campaign=06827f2450-EMAIL_CAMPAIGN_2019_01_15_07_40&utm_medium=email&utm_term=0_10959edeb5-06827f2450-189055273

[2] http://europa.eu/rapid/press-release_STATEMENT-19-432_fr.htm

[3] https://www.bbc.com/news/av/uk-scotland-46885261/nicola-sturgeon-calls-for-second-brexit-referendum

[4] https://www.romania2019.eu/2019/01/15/working-visit-of-the-romanian-presidency-of-the-eu-council/

[5] https://www.theparliamentmagazine.eu/articles/news/theresa-may-suffers-historic-drubbing-uk-parliament-brexit-vote

[6] https://mailchi.mp/votewatcheurope/invite-brief-with-prof-simon-hix-on-eus-future-post-2671361?e=78f06c21b3

[7] https://www.romania2019.eu/wp-content/uploads/2017/11/en_rogramme_ropres2019.pdf

[8] https://sciencebusiness.net/framework-programmes/news/can-romania-deliver-horizon-europe

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